La nouvelle fait la une des journaux du monde entier, Le Devoir premier: l’économie américaine va mal et, par le fait même, l’économie de la planète en entier s’en ressent. Les clochers d’églises sonnent à toute volée les indices d’une prochaine grave crise – ou dépression -, que nous avons par ailleurs frôlée cette semaine. Serait-ce 1929 bis?
N’étant pas économiste, je ne répondrai certainement pas avec certitude à cette question délicate qui fait tant parler les columnists américains. Mais je peux toutefois vous mettre au courant que le président Bush a échafaudé, avec l’aide de son secrétaire au Trésor Henry Paulson et le président de la Réserve fédérale (Fed), Ben Bernanke, un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars, échelonné sur deux ans, afin de racheter les actifs à risque des institutions financières fauchées par la crise du crédit immobilier (Goldman Sachs, Lehman Brothers, etc.).
Cependant, le Sénat américain n’est pas chaud à l’idée de ce plan de sauvetage particulièrement onéreux. D’où la caricature que je vous offre: les contribuables américains, entassés sur le pont d’un bateau en train de sombrer, regardent avec effarement les actionnaires, banquiers et courtiers échapper au naufrage en s’enfuyant dans le canot de sauvetage. Ceux-ci, au contraire des Américains aux yeux ronds restés sur le pont, semblent bien heureux de s’en sauver – tout en ne se préoccupant guère de laisser l’économie en plan (d’ailleurs, ils tournent le dos au bateau).
Parue le 24 septembre dernier, cette caricature rejoint l’article paru dans Le Devoir du même jour. Le Sénat, qu’a rencontré Henry Paulson en début de semaine pour vendre son plan de sauvetage, n’est toujours pas convaincu, tout comme le Congrès, que Bernanke somme d’agir rapidement. Le président Bush, quant à lui, tente tant bien que mal de faire passer la nouvelle dans son pays aux dépenses déjà lourdes.
Quelle raisons ont invoqué le Congrès et le Sénat? Selon Le Devoir, «les parlementaires en avaient encore contre l’idée de voir les contribuables payer pour les étourderies et l’incompétence des dirigeants des grandes institutions de Wall Street.» En effet, prendre 700 milliards pour sauver des banques menées à la faillite par les salaires inimaginables de leurs présidents-directeurs-généraux et leurs investissements irréfléchis, alors que des millions d’Américains (et de Terriens) vivent dans la pauvreté… Je les comprends de vouloir y penser deux fois.
Quoi qu’il en soit, le plan de sauvetage pourrait sauver l’économie américaine. En théorie. Car si l’économie de l’Oncle Sam se désagrège, je crains – fort malheureusement – que l’économie mondiale ne flanche elle aussi. Que faire, alors? Le libéralisme économique ne pourra probablement pas les sauver, cette fois. La main invisible de Smith restera invisible.
Je rêve du jour où l’Empire américain s’estompera et où tous les pays seront égaux. Vous avez bien lu. Cependant, avec la Russie, la Chine et l’Inde qui remontent, vous aurez raison de me dire que je suis bien naïve… Mais qui d’autre, dites-moi, que des gens munis d’espérance et de volonté ont laissé leurs traces ici-bas? Gandhi, Martin Luther King, Nelson Mandela étaient des espérants. J’en fais partie.
Bref. Je pourrais en écrire long, très long, sur cette crise financière américaine, sur ma philosophie du monde et de mon espoir en l’homme. Mais comme je préfère la diversité des opinions au martèlement de la mienne, je vous invite à laisser vos commentaires.
Ah, j’oubliais: je vous invite également à suivre la une du Devoir et les sites du Time, du New York Times et de Courrier international pour la suite de l’histoire.
Car on écrit chaque jour l’histoire de demain.