Un peu plus d’un mois. C’est le temps qu’il m’a fallu pour dévorer les presque 2000 pages de la trilogie Millénium, qui a propulsé le regretté Stieg Larsson au sommet de la littérature suédoise.
Jamais je n’aurais cru aimer à ce point un phénomène littéraire. Pour les boulimiques de littérature, les engouements généraux autour de livres agacent, souvent déçoivent. Mais dans le cas qui nous intéresse, c’est tout autre chose.
Imaginez un journaliste, Mikael Blomkvist, rédacteur en chef de la revue Millénium, un mensuel qui s’attaque au pouvoir et à ses abus.
Imaginez une intrigue corsée autour de l’État suédois et ses manigances, avec des dizaines de personnages redoutablement bien ficelés, crédibles et décoiffants.
Imaginez une écriture simple, claire, étoffée et documentée, éloquente surtout, avec en prime des rebondissements à donner envie d’arracher les pages en criant de stupeur.
En additionnant ces imaginations, vous aurez le portrait de Millénium: trois pavés qui font perdre le souffle par leur maîtrise, leur vérité et leur fouet. Trois polars formant à la fois une genèse de la Suède, une critique de l’être humain, un fouillis d’intrigues et une réussite professionnelle.
Résumer l’histoire ici serait superflu. Pour aimer Millénium, il faut faire confiance à la critique, qui louange – et c’est peu dire – chaque tome. Personne ne peut rester indifférent à pareille saga dans le monde que l’on connaît, dans la société imparfaite que les médias consacrent leur vie à tenter de dessiner.
Millénium, c’est tout ça.
/Stieg Larsson, Millénium I, II et III, Actes Sud, 2005.