Je marchais dans les allées d’Archambault, mon père m’avait dit: «Choisis-toi un cadeau». C’était mon anniversaire.
Étonnamment, ce sont les pochettes de riz qui ont attiré mon attention. J’ai figé net en voyant le nom d’Anna Gavalda, et presque hésité avant de prendre le livre sur la pile. Quoi, une telle surprise le jour de mon anniversaire? Alléluia.
Entendons-nous: la sortie d’un nouveau Gavalda, ça fait courir les foules, pleurer les grands-mères et manquer d’encre les caisses. Habituellement. Mais cette année, c’est à peine si j’en ai entendu parler. Pourquoi cela, point d’interrogation?
J’ai trouvé: L’Échappée belle est paru hors commerce en 2001 aux éditions France Loisirs, bien avant que le Dilettante mette le grappin dessus cette année. Cette «nouveauté» est donc la version revue et corrigée par l’auteure d’un roman plaquette, comme on les appelle, mais encore une fois dans le style concentré-de-bonheur si cher à madame Gavalda.
Verdict – car c’est ce que vous attendez -: le livre est très bien. On aime le style, qui n’a pas changé, quoique l’auteure gagnerait peut-être à changer de cassette… Car c’est encore l’histoire de quatre gentils éclopés, frères et soeurs ceux-là, qui s’enfuient d’un mariage en bagnole pour aller se bricoler une bulle de bonheur en campagne, dans un vieux château. Encore ces dialogues savoureux, ces multiples références françaises auxquelles on ne comprend (dans mon cas, presque) rien, ces personnages sincères et imparfaits qui nous ressemblent tellement.
Si les premières pages ne révolutionnent rien et sont même très ordinaires, à partir de la moitié du livre ça commence à être drôlement amusant – et plus profond, si vous voyez ce que je veux dire. Car madame Gavalda sait nous faire rire, jouer avec les mots comme avec un cerceau, mais parfois on se demande où est passée la grande littérature… Faut pas s’inquiéter, elle arrive. Avec le frère musicien, le chien égaré, la rivière qui fait glouglou et le soleil à travers les branches. Voilà donc un bel hommage à la vie, à la famille, mais surtout à ces instants qui passent et ne reviendront pas.
Mais le pompon, c’est le titre: L’Échappée belle, ça vous donne pas le goût de partir dans les champs avec un panier de cerises, vous?
/Anna Gavalda, L’Échappée belle, Le Dilettante, 2009.