Cinq pays étalés sur quatre murs en 33 photos issues d’un an d’errances. Voilà le portrait de SER, une série de clichés signée Nicolas Lévesque et exposée au Centre des arts et de la culture de Chicoutimi du 18 février au 28 mars 2010.
C’est pour étudier pendant un an dans une école de direction photo de Santiago, la capitale du Chili, que Nicolas Lévesque, photographe-cinéaste originaire de la région, a d’abord mis les voiles pour l’Amérique Latine. Dans ses bagages, rien d’autre que son attirail de photographe. «Je suis parti avec rien, sauf cinq appareils photos argentiques et trois paires de jeans», raconte-t-il, un brin ironique.
Son but? Aucun, sinon saisir l’instant au gré de ses vagabondages. Car pour l’artiste, arriver ailleurs, c’est se lancer dans la découverte. «J’aime créer la rencontre avec l’appareil photo. Sinon, je n’irais pas aborder aussi facilement les gens en pleine rue», explique le photographe. Cette philosophie du voyageur, qui l’a mené en Bolivie, en Argentine, en Uruguay et au Brésil, a un nom: SER, le verbe être en espagnol, qui réfère aussi à «l’essence de l’être». Mais aussi à l’essence de la photo, que questionne Nicolas Lévesque dans son exposition.
SER, ce sont 33 photographies, sélectionnées sur un total de dix ou douze mille clichés et qui ouvrent un œil sur quelques courts instants partagés entre le photographe et ses sujets. «J’ai pris les photos en allant en métro à l’école ou sur un lieu où je me trouvais en particulier», relate Nicolas Lévesque, désignant une photo prise sur le trottoir, pendant une tempête de grêle inopinée.
Avec leur qualité photographique impeccable, les clichés ont de quoi remuer, voire étonner. Ici, un portrait de vieillard aux allures timides; là, un regard d’enfant qui en dit long. Manifestement, Nicolas Lévesque s’est infiltré dans le quotidien des gens grâce à son regard aiguisé de spectateur. «J’ai acquis une démarche journalistique en travaillant, mais j’ai un regard d’auteur», confie-t-il, après un moment de réflexion.
Résultat, les photos respirent et laissent beaucoup d’espace au sujet et à son interprétation. En noir et blanc ou en couleurs très éclatantes, illustrant des scènes de ville autant que les étendues désertiques du sud, SER offre sans doute possible un regard neuf et panoramique sur la culture de l’autre Amérique.
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Ils étaient nombreux à se déplacer pour assister au vernissage de l’exposition, le 18 février dernier. | Geneviève Tremblay