Fascinant. Décoiffant. Enivrant.
Voilà comment qualifier l’excellent roman The Beach, une quête paradisio-psychotique (vous verrez pourquoi) écrite à la fin des années 90 par l’Anglais Alex Garland. Même dix ans après avoir vu le film éponyme pour la première fois au cinéma, je ne me lasse pas de cette histoire de backpacker qui prend le large en Thaïlande.
Richard, un Anglais désabusé dans la jeune vingtaine, arrive à Bangkok après avoir tout laissé dans son pays natal – sans remords, sans regrets. «Escape through travel works», écrit-il (et avec raison). Échoué dans une auberge louche de la ville, il y rencontre Daffy, son voisin de chambre tordu, éméché, bruyant, une rencontre qui le marque profondément. Le lendemain, coup de théâtre: Daffy a épinglé une carte sur la porte de Richard avant de s’ouvrir les veines. Cette carte indique le chemin pour se rendre à la plage. The beach.
Avec les deux Français de l’autre chambre d’à côté, Richard partira donc pour cette plage gardée secrète, dans le golfe de Thaïlande, où vit une petite communauté dans un état de quasi autarcie. La belle vie, le sable blanc, le farniente… Les trois voyageurs se croient arrivés au paradis. Mais bientôt la folie commence à gruger Richard, les malheurs pleuvent et vient enfin l’apocalypse.
Littéralement, j’ai été emportée. La prose d’Alex Garland (en langue originale, je tiens à souligner) est parfaite. Ses phrases sont justes, les mots puissants, l’écriture brillante. Les épisodes éclatés où Richard sombre dans la folie mesurée, avec Daffy qui ressurgit, m’ont impressionnée – davantage que dans le film. Est-ce possible de devenir fou même une fois arrivé au ”paradis”? Oui. Un mélange savamment dosé de voyage, d’exil, de doutes, d’amitié, de sagesse même. Toujours, bien sûr, explorés dans leurs dernières limites.
Après avoir adoré le film, je vous recommande aussi le livre. À mon avis, chacun d’entre eux est une oeuvre en soi – une chose rare dans l’histoire des adaptations de livres au cinéma.
/Alex Garland, The Beach, Penguin, 1996

Donc dans ce cas rare, le trio est complet:
Bon livre, bon film et bonne trame sonore!
(C’est toi qui me l’a fait découvrir la musique du film, tu te rappelle? J’ai fini par acheter le soundtrack! J’ai le film aussi et je l’aime, il me manque juste le livre!)
Tu as raison Alex! Il faut absolument que tu lises le livre en anglais, il est excellent. :)