Imaginez-vous devoir aller, en simple touriste, passer deux semaines en Corée du Nord — dans cet univers parallèle où vous ne pouvez circuler autrement qu’avec un guide officiel et où les critiques envers le régime sont passibles d’un séjour en prison.
Pour les journalistes, l’entrée dans le pays est conditionnelle à l’obtention d’une autorisation spéciale — même s’ils décident d’y passer leurs vacances estivales. Et obtenir le visa a tout d’une épopée grecque. «It took over a year to get permission to go in with my camera and nothing quite prepares you for what awaits», écrit sur son site personnel le photographe Charlie Crane, auteur du livre Welcome to Pyongyang.
Je n’ai eu que quelques minutes pour le feuilleter, mais déjà le propos de ce recueil me semble intéressant: le lecteur peut entrer dans le monde policé et ultracontrôlé de la République populaire démocratique de Corée (RPDC)… par les mots et les images approuvées par le régime. «How do you photograph one of the most secretive countries in the world? For me the answer was simple, photograph what they want you to see», explique Charlie Crane. Montrer ce qu’ils veulent bien laisser filtrer, et ainsi percer peu à peu leurs secrets.
Les photos, autant des lieux touristiques de la capitale que des portraits arrangés, sont bien sûr très vides parce qu’ils ne montrent rien d’autre qu’une formidable mise en scène. Mais le processus journalistique à l’origine de ce séjour et l’absurdité d’un livre aussi propret sur un régime autoritaire en font une curiosité qu’il me fallait vous partager. Je compte bien le dénicher quelque part, suite à quoi vous en (ré)entendrez parler.
/Charlie Crane, Welcome to Pyongyang, Chris Boot, 2007
J’adore, évidemment !